Le Boeuf clandestin

Marcel Aymé
Œuvres romanesques complètes
La Pléiade II (pp.799-911)

 

Le contexte :

Il n’existe aucune lettre de Marcel Aymé permettant de connaître les circonstances exactes dans lesquelles il a écrit Le Bœuf clandestin. Probablement en 1938, année de publication du roman Gustalin et du recueil de nouvelles Derrière chez Martin. A l’époque où il écrit Le Bœuf clandestin, Marcel Aymé habite au 9ter rue Paul-Féval à Paris (18e).

Le roman paraît en préoriginale dans le journal Candide, en sept feuilletons hebdomadaires entre le n° 787 du 12 avril 1939 et le n° 793 du 24 mai 1939. L’édition originale est achevée d’imprimer à la fin de juillet 1939, un mois avant la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, est éditée par Gallimard dans la collection blanche le 30 novembre 1939, pendant la « drôle de guerre ». 

L’auteur situe son récit dans le présent puisque le mariage des personnages principaux à la fin du roman, est daté du jeudi 15 septembre, ce qui correspond à l’année 1938.

 

Les thèmes :

Peinture de la bourgeoisie parisienne d’avant-guerre à travers deux familles : la bourgeoisie « de fraîche date » conservatrice, basée sur la réussite professionnelle du père (les Berthaud) - la  bourgeoisie « héréditaire » s’affichant progressiste, vivant sur le patrimoine acquis au fil des générations.

L’opposition entre des personnalités fortes prenant leur avenir en main (Roberte Berthaud et Philippe Lardut) et des sujets sans caractère (Maurice Berthaud, Josette Dulâtre) à l’avenir incertain.

Le personnage du père (Mr Berthaud) qui perd son prestige et son autorité lorsque sa fille (Roberte) découvre une de ses faiblesses, bien anodine d’ailleurs. Et la prise en main du gouvernement de la maison par Roberte.

Le bon sens et la sagesse d’une jeune bourgeoise (Roberte Berthaud), personnage récurrent chez Marcel Aymé (Cf. : Marie-Anne d’Uranus, Cléo Josserand de Maison basse)
Le déracinement d’un fils de paysans (Philippe Lardut) qui sort des « grandes écoles » et se trouve transplanté à Paris dans un milieu bourgeois où il n’a plus de repères.

Les objets, attributs d’une condition sociale : le chapeau melon, la canne, la Légion d’honneur de Mr Berthaud (p.819), le monocle du capitaine Pompignon et de Philippe Lardut (p.842 & 864).

 

Synopsis :

Le roman débute un dimanche de mai 1938 entre la messe du matin et le repas de midi, – et s’achève le jeudi 15 septembre 1938, par le mariage de Roberte Berthaud et de Philippe Lardut.

C’est l’histoire d’une famille bourgeoise parisienne aisée (Les Berthaud) dont le père, directeur d’une succursale de banque, qui se prétend végétarien, se laisse surprendre par sa fille (Roberte) en train de manger en cachette un bifteck saignant.

Cet épisode, plutôt anodin, a des conséquences graves car le prestige du chef de famille est compromis aux yeux de Roberte, symbole du bon sens raisonnable de ce milieu, qui découvre ainsi quelque chose d’hypocrite et d’immoral chez son père.

L’attitude de Roberte n'est plus que reproche. Du coup, le père ne supporte plus les repas familiaux qu’il déserte sous divers prétextes, soumis à certaines tentations il se reprend cependant. Le temps passant, Roberte prend des initiatives puis le pouvoir dans la maison.

Roberte, jeune-fille raisonnable, personnage type de Marcel Aymé, se cherche un mari : entre un beau jeune homme (Dino) romantique et sans avenir, et un homme âgé (le général d’Amandine) lubrique, à la situation bien établie, elle choisit un troisième homme (Philippe Lardut) d’origine paysanne modeste, un physique sans charme, ramassé et inélégant, mais une tête solide,  sortant des grandes écoles et plein d’avenir.

Parmi les personnages secondaires prenant directement part à l’action, on compte : chez les Berthaud, la mère, spectatrice - le fils aîné Maurice, un bel athlète au caractère faible et irrésolu - le plus jeune, Jacques est un enfant ouvert, éduqué par sa grande sœur. Parmi les relations, la famille Dulâtre comprend le père, médecin sans patients, homme d’affaire médiocre -  la fille Josette, veule et aux mœurs légères - le fils Eustache, crétin diplômé, avocat sans causes, qui entretient une starlette - la mère et la grand-mère, des bourgeoises aux idées libérales dans certaines limites. Parmi les soupirants de Roberte : le général en retraite d’Amandine, vieillard lubrique, mais avec des initiatives pleines de générosité - Dino, le Roméo bien bronzé, dépassé par son échec amoureux.

 

Les personnages :

Par ordre d’entrée (ou d’évocation) dans le roman :

Mme Berthaud : née Tavelet, mariée depuis 30 ans (p.801) ;

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L'avenue des Ternes vers 1910 - à Paris (17e arrondissement)

Mr Berthaud (52 ans) : Légion d’honneur, directeur de la succursale de la Banque de Provence et de Normandie de l’avenue des Ternes, végétarien depuis deux ans, capitaine durant la Grande guerre, (p.801) ; 

Roberte Berthaud (20 ans environ) : fille du couple Berthaud, jeune-fille équilibrée, personnage central du roman et personnage type de Marcel Aymé (p.801) ;

Jacques Berthaud (12 ans) : fils du couple Berthaud (p.802) ;

Maurice Berthaud (21 ans) : fils aîné du couple Berthaud, brillant athlète au caractère faible et irrésolu, d’une intelligence à éclipses, qui effectue son service militaire (p.802) ;

L’abbé Borquin : dirigeant les sorties des scouts dont Jacques Berthaud fait partie (p.803) ;

Julia (40 ans) : la bonne des Berthaud depuis six ans, borgne, hargneuse et taciturne (p.803) ;

Le général Jules de Buzières d’Amandine (65 ans) : libertin généreux, petit vieillard haut colleté qui mange des yeux Roberte durant la messe, puis s’éprend de Josette Dulâtre (p.806)

Dino (22-23 ans) : fils d’une ancienne danseuse habitant l’immeuble des Berthaud, de grands yeux noirs et une paire de cils comme des ramasse-miettes, épris de Roberte (p.806) ;

L’oncle Clovis Challebères : de Dijon, ancien directeur d’un collège religieux et collaborateur bénévole de plusieurs périodiques bien-pensants, auquel on écrit à nouvel an (p.807) ;

Le curé Frangis : curé de Saint-Ferdinand-des-Ternes que Mme Berthaud trouve bien vieilli depuis 15 ans qu’elle le connait (p.807) ;

Pierre Ephraïm : un des administrateurs de la Banque de Provence et de Normandie (p.808) ;

Le Dr Dûlatre et sa famille : amis des Berthaud (p.808) ;

Philippe Lardut (25 ans) : fils de paysans, trapu et rouge de santé, sorti des grandes écoles, effectue son service militaire comme lieutenant d’artillerie et s’intéresse à Roberte qu’il rencontre chez les Dulâtre, le dimanche, (p.809) ;

Mr Lardut  & Mme née Bontemps: parents de Philippe Lardut , cultivateurs dans un village de la Haute-Saône où les Dulâtre ont une propriété d’agrément (p.809) ;

Bouguereau (1825-1905) peintre académique dont un tableau (femme nue) orne le mur de la salle à manger des Berthaud (p.809) ;

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"Biblis" de William Bouguereau

Un amis de Maurice Berthaud : beau sportif dont l’activité intellectuelle semblait vouée à l’inefficacité, s’est suicidé l’année précédente sans aucune raison pressante ou seulement plausible. (p.811) ;

La Sulamithe : personnage de l’ancien testament, Cantique des cantiques, évoqué dans les rêveries de Mme Berthaud (p.812) ;

Mr Lerond : un des administrateurs de la Banque de Provence et de Normandie (p.812) ;

Mr Tissandier : un des administrateurs de la Banque de Provence et de Normandie (p.812) ;

Une famille d’Anglais : qui traverse entre les clous pour prendre une photo du tombeau du soldat inconnu, place de l’Etoile (p.813) ;

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Arc de Triomphe de l'Etoile - carte postale de novembre 1938

Une vieille demoiselle : qui a retardé Mme Berthaud et Roberte pendant près de 20 minutes (p.813) ;

La grand-mère Dulâtre : à laquelle Mme Berthaud doit apporter un livre qu’elle oublie à plusieurs reprises (p.814) ;

Josette Dulâtre (20 ans): jeune-fille sans volonté, aux mœurs légères dans les bois d’Ourchins (p.821-824) ;

Eustache Dulâtre (30 ans) : crétin à l’esprit orné, inscrit au barreau, entretient une figurante de cinéma (p.821-824) ;

Mme Dulâtre ; amie de pension de Mme Berthaud (p.824) ;

Lucy « Leucé » Dringuet (26 ans) : Georgette de son vrai nom, fausse rousse, amie d’Eustache Dulâtre, figurante de cinéma (p.830) ;

Monette Amona : personnage évoqué par Lucy, autre figurante de cinéma qui vit dans un loyer à 25.000 francs  (p.831) ;

Cochemaille : ami de Monette Amona, qui a payé pour qu’elle joue dans Le Masque d’albâtre (p.831) ;

Jean de Malombreuse : romancier évoqué par Lucy, dont le roman L’amour est passé par ici va être adapté au cinéma (p.832) ;

Herriot : président de la Chambre qu’Eustache dit avoir rencontré la veille, mais qui ne s’occupe pas de cinéma (p.833);

Dutoit : à qui Eustache téléphone pour s’informer du producteur et du metteur en scène de L’amour est passé par ici (p.833) ;

Le caissier de la banque : évoqué par Mr Berthaud, un inférieur, mais professionnellement honnête (p.836) ;

Le capitaine Pompignon : polytechnicien porteur de monocle, à qui Philippe Lardut fait des confidences au mess des officiers (p.842) ;

Celle qui plaisait à Lardut sur ses 15 ans : évoquée par lui et qui s’est mariée l’an dernier (p.843) ;

Le père du capitaine Pompignon : adjudant, évoqué par son fils (p.844) ;

Infirmière (22 ans) : chez un médecin de la rue Guynemer, dont Lardut, alors à l’école des Mines, était amoureux  (p.845) ;

La maîtresse du sous-directeur de M Berthaud : évoquée par celui-ci, sans grâce et sans jeunesse, qui lui faisait la vie difficile (p.853) ;

Mgr Puytalin : auteur de la préface d’un livre sur sainte Marthe (p.857) ;

Adèle d’Amandine : cousine infirme du général d’Amandine, dont celui-ci a la charge depuis 40 ans, et depuis 10 ans à la maison de santé du « Grand Moineau » (p.859) ;

Mme Leron : fille du « Docteur », qui a offert une gravure (l’adoration des Mages) à Adèle d’Amandine qui le rapporte à son cousin (p.860) ;

Mme Boyne : qui a descendu Adèle d’Amandine au jardin du « Grand Moineau » (p.861) ;

René Moiran : lieutenant d’artillerie, compagnon de Philippe Lardut – ingénieur des tabacs (p.866) ;

Un couple (un fantassin et une paysanne) : rencontré dans la campagne par Philippe Lardut (p.866) ;

Une dame blonde (40-45 ans): opulente, rêveuse et distinguée, rencontrée par Mr Berthaud dans un restaurant végétarien de l’avenue de Wagram (p.868) ;

Un gendarme : qui se présente chez les Berthaud pour enquêter sur la désertion de Maurice qui n’est pas rentré à la caserne (p.868) ;

Le général Carrier : auquel le général d’Amandine écrit à propos de Maurice Berthaud (p.872) ;

Un homme de petite taille (la soixantaine) : installé dans le compartiment du général d’Amandine au retour de Triel  (p.875) ;

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La Rue Galande et L'Eglise à Triel Sur Seine

Une jeune fille (23 ans) : évoquée par l’homme de petite taille (p.875) ;

Une fleuriste : souvenir du service militaire de Mr Berthaud à Lyon (p.883) ;

Eugène : le valet de chambre du général d’Amandine (p.884) ;

Décius : qui rassure Lucy sur son physique de cinéma (p.892) ;

Gilbert Lebœuf : que Lucy appelle au téléphone (p.893) ;

Le père de Lucy : employé de la mairie de Nantes à la retraite et fixé à Vannes (p.896) ;

Les sœurs de Lucy : établies dans la région de Vannes (p.896) ;

Mr & Mme Bonivot : de Dijon, destinataires de la lettre dans laquelle l’oncle Challebères raconte le mariage de Roberte Berthaud et de Philippe Lardut (p.907) ;

Mlle Zénaïde Quinet : de Châteauroux, destinataire d’une lettre de la grand-mère Dulâtre faisant part du mariage de Roberte Berthaud et de Philippe Lardut (p.907) ;

Une vieil ami de la mère de Dino : destinataire d’une lettre de Dino sur le même sujet (p.907) ;

Auguste Lardut : témoin au mariage de Philippe Lardut (p.908) ;

Une bouleversante créature aux yeux de jade : pour laquelle le général d’Amandine est en train de « manger le vert et le sec » (p.909) ;

 

Les lieux :

La forêt de Fontainebleau : seulement citée comme lieu où le jeune Jacques Berthaud campe avec les scouts de la paroisse (p.803) ;

Le cimetière de Pantin : seulement cité où Julia, la bonne des Berthaud se rend le dimanche (p.804) ;

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La rue d’Armaillé : où habitent les Berthaud (p.804) ; Rue située dans le prolongement de l’avenue Carnot et débutant au niveau de la rue des Acacias.

L’avenue des Ternes : où se trouve la succursale de la Banque de Provence et de Normandie que dirige Berthaud (p.805) ;

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L’église Saint-Ferdinand-des-Ternes : où Mme Berthaud et Roberte vont à la messe (p.806) ;

Saint-Eustache : ancienne paroisse des Berthaud évoquée par Mme Berthaud (p.807) ;

Rue Coquillère : où autrefois habitaient les Berthaud (p.807) ;

La pâtisserie Pillonnet : où se rendent les fidèles sortant de Saint-Ferdinand (p.808) ;

Place Saint-Augustin : où Mr Berthaud a rencontré le Dr Dulâtre (p.808) ;

L’Ecole militaire : près de laquelle habitent les Dulâtre (p.810) ;

La station Etoile du métro : vers laquelle se dirigent Mme Dulâtre et Roberte (p.810) ;

Place de l’Etoile : où arrivent Mme Berthaud et Roberte pour prendre le métro, ligne 10 (p.813)Rue des Acacias : où Mr Berthaud rencontre le général d’Amandine (p.820) ;

Les courses de Vincennes : où le général d’Amandine ne peut se rendre, ayant maqué les derniers autocars (p.820) ;

Porte de Versailles : où se trouve le magasin d’expédition des produits (le coricide Urtadel® et la Régulatine®) du laboratoire Dulâtre (p.822) ;

Ourchins : village (p.823) où les Dulâtre avait leur maison de campagne (p.823) ; Il s’agit d’un nom inventé par l’auteur.

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Village de Haute-Saône avec son clocher à l'impériale.

Un bar des Champs-Elysées « Le Rond-Point » : où Eustache Dulâtre a rendez-vous avec son amie (p.825)

Le mess des officiers : où Philippe Lardut parle avec le capitaine Pompignon (p.842) ;

Boulevard Pereire : où Lucy habite dans un studio situé au 7ème étage d’un immeuble neuf (p.852). ;

Saint-Germain-des-Prés : où le général d’Amandine descend de l’autobus (p.856) ;

Rue Bonaparte : empruntée par le général d’Amandine (p.856) ;

Rue Saint-Sulpice : vers laquelle se dirige le général d’Amandine qui se rend dans une librairie (p.856) ;

Gare Saint-Lazare : où le général d’Amandine déjeune dans un café (p.858) ;

Saint-François-Xavier : paroisse des Dulâtre (p.859) ;

Triel : où le général d’Amandine se rend par le train, rendre visite à Adèle d’Amandine à la maison de santé du « Grand Moineau » (p.859) ; Triel sur Seine est une agglomération des Yvelines située à 12 km environ au nord-ouest de Saint-Germain-en-Laye.

Auxonne : où le général d’Amandine a été jadis en garnison, souvenir évoqué par Adèle d’Amandine (p.861) ;

Colmar : où Maurice Berthaud effectue son service militaire (p.862) ;

La caserne d’artillerie : où Philippe Lardut est en mission (p.864) ;

Avenue de Wagram : où Mr Berthaud prend ses repas dans un restaurant végétarien (p.868) ;

Lycée Janson-de-Sailly : où le jeune Jacques Berthaud est élève (p.870) ;

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Rue Villaret-de-Joyeuse : où habite le général d’Amandine (p.870) ; rue rejoignant la rue des Acacias au niveau de l’avenue de la Grande-armée

.Lyon : souvenir du service militaire de Mr Berthaud (p.883) ;

Les jardins du Palais Royal : où les Berthaud ont rencontré les dames Dulâtre assises sur un banc (p.899) ;

La terrasse du « Panier Fleuri » : lieu de rendez-vous de Philippe Lardut et de son compagnon, le lieutenant René Moiran (p.903).

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Ce nom semble avoir été emprunté au « Panier Fleuri », hôtel restaurant qui existait à Dole dans les années 20, sur la Place Grévy, à l’époque où Marcel Aymé passait de fréquents séjours chez sa tante Léa (Mme Cretin-Monamy) qui habitait dans la rue Dusillet toute proche.

Avenue du Maine : où les jeunes mariés (Philippe et Roberte) habitent au 3ème étage d’un immeuble très bien entretenu (p.908) ;


Presse  et travaux :

Aymé, Marcel : « Prière d’insérer » in : N.R.F. N°314, page 425 (1er novembre 1939) - Marcel Aymé. Œuvres romanesques complètes. Vol. II (1998), p.1401.

Bourgeois André : « Le Bœuf clandestin » in http://andre.bourgeois.9online.fr/marcel_ ayme.htm.  Mise à jour du 22 août 2007.

Fernandez Ramon : « En relisant Marcel Aymé » La Nouvelle Revue Française (29e année) 1er avril 1941 ; n°326, p. 612.

Le Must Marina : « Dossier spécial Mar el Aymé. L’innocent et le tutélaire. Deux archétypes dans l’œuvre romanesque. » Lovendrin n°20 de novembre – décembre 2007, pp.6-10.

Martin Samuel : « Droiture d’un écrivain ». Mis en ligne le 6 octobre 2007. In : Paragraphe 3
Paragraphe 3 http://lovendrin.oldiblog.com/?page=lastnews&id=235564

Simon, Michel : « Le Bœuf clandestin, par Marcel Aymé (Éditions de la N. R. F.) » La Nouvelle Revue Française n°316 (Janvier 1940) : pp.121-122

 

Citations :

« Dieu, c’était bien vrai, n’était qu’une invention, mais la plus belle et la plus utile dans un monde égaré par la grossièreté des appétits, et les hommes d’un certain rang, d’un certain niveau, d’une certaine situation, instruction, éducation, distinction, se devaient de la soutenir avec toutes leurs forces. » (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 805.

« Roberte était jolie, santé confort, des cheveux châtains clair, des yeux noisette au regard franc et tranquille et, qu’elle avait de son père, un nez droit élégant et une taille très bien faite … » Portait de Roberte Berthaud (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 806.

« Il y a des chrétiens qui savent se brancher sur les mystères de la Croix d’une façon à se faire passer mille frissons dans les moelles au moindre dominus. Roberte n’était jamais transportée ni ravie, elle était trop appliquée et n’avait pas besoin de frissons. S’il était donné à chacun d’étreindre Dieu à chaque instant, à quoi bon la communion ? » Attitude de Roberte Berthaud (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 807.

« L’adultère, pour autant qu’il lui semblât, n’était pas essentiellement un mensonge, mais plutôt une erreur dont les voies apparaissaient, en somme, assez naturelles. »  Réflexion de Roberte Berthaud. (Le Bœuf clandestin) La Pléiade II, page 815.

« Le mensonge qu’on découvre par ouï-dire ou par recoupement n’a rien d’effrayant. Il apparaît comme un élément normal de l’activité humaine.» Réflexion de Mr Berthaud (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 818.

« Trop souvent, il nous arrive de prendre pour des imbéciles ou des menteurs les gens que nous ne comprenons pas. » Réflexion de Mr Berthaud  au général d’Amandine (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 821.

«  ... la conversation de Lardut était terne. Quand, par malheur il essayait d'être brillant, il tombait dans la vulgarité prétentieuse, et cependant il y avait en lui, parfaitement disponibles, un calme bon sens et une merveilleuse intelligence et une intuition des mathématiques lui donnant la clé d'harmonies complexes, d'une délicatesse infinie ». " (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 822.

« Assez jolie, elle avait un regard doux et éteint et les lignes de son corps, mince et bien construit, avaient un mouvement anémique. Le désir était chez elle une simple chaleur ne dépassant pas la région du ventre, ne mobilisant aucune des facultés un peu supérieures. Quand le hasard faisait si bien qu’elle n’eût plus qu’à consentir, elle se donnait à un homme sans éprouver le moindre trouble de conscience. » Portait de Josette Dulâtre " (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 824.

« Lucy était une fausse rousse de vingt-six ans, assez grande, qui devait à un régime star d’être remarquablement mince. De loin, sa silhouette avait l’élégance et l’esprit d’un schéma. » (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 830.

« Le mariage n’est solide et heureux que s’il est une grande aventure pleine de risques et d’angoisses. (…) Nous ne savons à peu près rien l’un de l’autre. Je n’ai donc pas à me conformer à l’idée que vous auriez pu vous faire de moi si nous nous connaissions depuis deux ans. » Réflexion du général d’Amandine à Roberte. (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 838.

« Je ne sais plus où me retrouver, je ne me reconnais pas. J’ai perdu mes coordonnées, je me suis embringué dans un univers à quarante-deux dimensions. J’étais d’un village. » Réflexion de Philippe Lardut (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 843.

« Les hommes ont toujours de l’amour-propre quand il s’agit de futilités. Mais de là à les rendre timides, il y a loin. Ils ont bien trop le sentiment d’être les maîtres pour se laisser embarrasser à propos d’une misère comme celle-là et c’est justement quand ils sont dans leur tort qu’ils savent le mieux faire sentir leur autorité. » Réflexion de Mme Berthaud à sa fille. (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 849-850.

« La fidélité d’un végétarien qui dévore des viandes en cachette peut fort bien n’être qu’un masque. Il n’y a que le premier pas qui coûte et la multiplication du péché s’opère par symétries. » Réflexion de Roberte Berthaud. (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 851
.
« La nécessité d’avoir une maîtresse perdait beaucoup de son évidence. Pourquoi fallait-il qu’une femme fût mêlée à la part secrète de son existence ? c’était courir le risque d’être envahit dans sa retraite par le cortège de la vie domestiques, ainsi qu’il était arrivé à propos de la tache. En outre, il soupçonnait qu’un secret, en raison de son caractère religieux, ne se défend bien que par la chasteté. » Réflexion de Mr Berthaud. (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 855.

.« Adèle avait vieilli presque sans rides. Son petit visage décharné, d’une pâleur extrême, était lisse et luisant aux endroits où les os saillaient. Ses yeux gris, un peu las, étaient sans éclat, mais le regard avait la transparence et le sérieux des regards des enfants. Seule la blancheur des cheveux renseignait sur son âge. » Portrait d’Adèle, cousine infirme du général d’Amandine (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 860.

« Il n’était pas très sûr que le port du monocle l’avantageât, mais on ne pouvait nier que son visage en fut transformé. Ce simple morceau de verre appliqué sur son œil gauche lui donnait un air de méchanceté qui suffisait à changer le paysan rusé en un hobereau brutal. » Le monocle de Philippe Lardut (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 864.

« Un enfant qui grandit sans penser à un métier ne devient jamais un homme. Il ne peut être plus tard qu’un bouchon flottant,… » Réflexion de Mr Berthaud à propos de son fils aîné, Maurice (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 870.

« M. Berthaud ne devait pas retrouver son autorité de chef. Dès les jours suivants, il se senti positivement opprimé par Roberte. Il ne s’agissait plus seulement de la réprobation impliquée dans certains silences er regards. Roberte prenait en main le gouvernement de la maison et chacun perdait l’habitude de compter avec M. Berthaud. » La prise de pouvoir par Roberte (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 873.

« Mais quoi, je sais qu’il y a des jours plus beaux que les autres, mille fois plus légers, plus doux, et qu’on ne peut pas régler sa vie sur ces jours-là. Il faut compter sur les hivers tristes, les pluies longues, les soleils de plomb. J’ai choisi. Je veux une vie solide qui résiste à toutes les saisons. » Réflexion de Roberte (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 900.

« Ses parents sont désolés et ont peur qu’il se lance dans la littérature. C’est en effet une chose qui arrive souvent quand on n’a pas su se faire à temps une bonne situation. »  Á propos de Maurice, le fils aîné des Berthaud (Le Bœuf clandestin) La Pléiade vol. II, page 908.

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